Plus que quelques semaines pour être fin prêtes. A l’approche de la conférence internationale des Nations unies sur le développement durable qui se tiendra à Rio de Janeiro du 20 au 22 juin, mieux connue sous le nom de Rio+20, les collectivités locales françaises affinent leurs positionnements.

« A Rio+20, les collectivités ne seront pas des figurantes. Car rien ne sera possible en matière de développement durable sans une implication active de tous les acteurs locaux », a souligné la nouvelle ministre de l’Ecologie, Nicole Bricq, à l’issue d’un séminaire co-organisé par plusieurs associations et réseaux de collectivités locales, qui s’est tenu le 23 mai à Paris, au Sénat, sous l’intitulé « Rio+20, les autorités locales et régionales au coeur des ambitions ».
La délégation française qui s’y rendra étant en cours de constitution, pour l’heure nul ne sait si elle comprendra des élus locaux ou certains de leurs représentants. Mais une chose est sûre : les associations d’élus n’ont pas attendu le gouvernement pour s’organiser et se rendront au Sommet de la Terre par leurs propres moyens. « L’une des leçons à tirer des précédents sommets internationaux, c’est qu’être présent physiquement est important », indique Ronan Dantec, sénateur et président de la commission environnement de l’Association française du Conseil des communes et régions d’Europe (AFCCRE), qui s’y rendra en tant que porte-parole du réseau des Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). L’Association des régions de France (ARF), l’Assemblée des départements de France (ADF), l’Association des communautés urbaines de France (Acuf) et l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) y compteront aussi des représentants. Dont plusieurs maires - à l’instar de celui de Montpellier – et élus du Grand Lyon, de Nantes, de Dunkerque ou de Marseille. Certains s’y rendront avec des missions précises (Henri Bégorre du Grand Nancy pour défendre le Partenariat français pour l’eau), d’autres sous la bannière du Club France Rio+20, qui réunit d’autres acteurs (associations, entreprises).

Aller ou non à Rio

Certaines collectivités ont fait le choix de ne pas y aller. C’est le cas de la communauté urbaine de Strasbourg. « Ce type de manifestation est un ailleurs dont on ne retire – et auquel on n’apporte – pas grand chose », explique sa vice-présidente Andrée Buchmann. A l’opposé, la région Nord-Pas-de-Calais s’y rendra et espère y trouver « une feuille de route et de quoi rebooster nos idées et notre cadre de réflexion sur l’économie verte et responsable », prévoit sa vice-présidente Myriam Cau. Ce conseil régional a fait les choses sérieusement et préparé le terrain depuis un an. A Rio, elle enverra une délégation multi-acteurs composée d’élus de divers niveaux de collectivités, d’associatifs et de chercheurs. Elle est attendue au retour pour en tirer un bilan de l’événement. « Pour aller à Rio+20, deux facteurs ont compliqué la donne : le timing de l’événement, car il se tient juste après les législatives, et les problèmes d’organisation sur place qui ont freiné certains », précise-t-on à l’AMGVF. Critiquée, l’organisation du pays-hôte a même fait reculer le Parlement européen, qui vient d’annuler le déplacement d’une délégation de onze élus. Face aux critiques, le Brésil a réagi en repoussant la date limite d’accréditation et en allégeant certains tarifs d’entrée jugés trop élevés.

Un statut pour les collectivités

Les réseaux de collectivités présents à Rio y feront du lobbying pour faire reconnaître leur poids, leur rôle dans les politiques de développement durable. Dans leurs valises, ils emporteront la déclaration commune déposée en novembre dernier au secrétariat général des Nations unies et présentée ce 23 mai à la ministre Nicole Bricq (déclaration accessible ci-contre).
« On se battra entre autres pour que les collectivités obtiennent dans les textes officiels un vrai statut. Pour l’heure, elles sont reconnues comme de simples acteurs civils, au même rang que les associations », détaille Ronan Dantec. Et Jean-Claude Antonini, ex-maire d’Angers, qui fera le déplacement, de conclure que « ce genre de sommet international est une foire d’empoigne si on ne s’y rend pas avec, en tête, une idée claire et précise de ce qu’on veut y dire. Je veux pour ma part faire reconnaître le rôle des pouvoirs locaux : ce sont eux qui testent, innovent, expérimentent et qui assument les risques lorsque cela ne fonctionne pas ».

Source: http://www.localtis.info